Les fiançailles consistent pour un homme unitarien à demander, auprès d'une jeune fille unitarienne ou de son tuteur, son consentement à une union par un mariage légitime. Il s'agit, en principe, d'une promesse mutuelle qui témoigne de sentiments, dont le plus important est le contentement et l'acceptation du partenaire ; cela constitue une introduction et une période préparatoire au contrat de mariage, qui est l'un des contrats les plus sérieux car il engage la vie et le destin d'un être humain. L'article 26 de la loi sur le statut personnel de la communauté druze dispose : « Chacun des fiancés peut rompre les fiançailles sans que rien ne lui soit imposé. En ce qui concerne les cadeaux de fiançailles, si la rupture émane du fiancé, il ne lui est pas permis de récupérer quoi que ce soit de ce qu'il a offert à sa fiancée, que le cadeau existe encore au moment de sa décision ou non. Si la rupture émane de la fiancée, elle est tenue de restituer tout ce que le fiancé lui a offert. Si l'objet existe, elle le rend en nature ; s'il a péri au moment de sa décision, elle en rend l'équivalent ou sa valeur, sauf s'il existe une condition convenue entre eux, auquel cas elle est appliquée. »
Il n'est pas permis à un homme de demander en mariage une jeune fille déjà fiancée, selon les paroles du Messager (paix et bénédictions sur lui) : « Le croyant est le frère du croyant, il n'est pas permis à un croyant de surenchérir sur la vente de son frère, ni de demander en mariage une femme demandée par son frère, jusqu'à ce qu'il y renonce. »
Nous savons que les fiançailles, de nos jours, surviennent suite à une rencontre entre une jeune fille et un jeune homme dans un cadre universitaire, associatif, lors d'occasions sociales ou de visites familiales. Elles surviennent après une période de fréquentation, de longues discussions, d'échanges d'idées, et une fois que chacun est convaincu de l'autre. Ils commencent alors à faire des sorties ensemble, à participer à des soirées et des événements sociaux. Ce que nous voyons aujourd'hui comme agissements de la part de nombreuses familles, qui ont mal compris la nature des fiançailles, n'est approuvé ni par la raison ni par la religion.
Combien de fiançailles ont été rompues après avoir été conclues, entraînant une séparation des deux parties ? La perte est plus grande pour la jeune fille, car la rupture constitue pour elle un revers qui allonge l'attente avant l'arrivée d'un succédané au premier fiancé. Le mélange et la fréquentation prolongée influent négativement sur la situation de la jeune fille, car les jeunes hommes hésitent à demander en mariage une femme déjà fiancée précédemment, surtout qu'un jeune homme recherche une femme qui n'est sortie avec personne d'autre. Son mauvais sort la pousse parfois au désespoir et au repli sur soi, et parfois à la rébellion ou à l'emprunt de voies détournées pour compenser les espoirs déçus ou par vengeance contre une société qui ne montre aucune pitié.
Les garants de la doctrine de l'Unicité ont voulu prévenir ces résultats néfastes par des préliminaires sains, afin de préserver la dignité de la femme croyante unitarienne et de protéger l'homme unitarien. Cela les a conduits à prescrire une méthode de rencontre entre les sexes qui peut paraître étrange par rapport à nos habitudes actuelles.
Partant du principe que le contrat de mariage est l'un des contrats les plus importants et les plus vénérables, et que l'être humain, doué de parole et de raison, est la plus noble des créatures et la finalité de Dieu sur terre, les unitariens considèrent qu'il est du devoir, avant le mariage, que des personnes de confiance unitariennes informent le fiancé de la situation de la fiancée quant à sa religion, sa raison, sa conduite, son corps, ses origines, sa moralité, etc. De même, ils informent la fiancée de la situation du fiancé dans toutes ses dimensions religieuses et temporelles, ses mœurs, sa condition financière, sa lignée, etc.
Il est également requis des personnes mandatées de transmettre l'image des deux parties avec précision, honnêteté et sincérité, sans excès dans les éloges ou les critiques.
Nous constatons que si les fiançailles ont lieu selon la méthode susmentionnée, sans mélange, sans sorties ni soirées, et qu'elles sont rompues ultérieurement pour une raison quelconque, cela n'affecte en rien la réputation de la fiancée ni sa situation sociale.
Ce que nous avons mentionné peut sembler étrange par rapport aux usages actuels, mais les unitariens pieux continuent de suivre cette voie, en conservant ces traditions qui les tiennent à l'écart des doutes et des situations sources de suspicion. D'autres, cependant, ne supportant pas la rigueur de ces conditions, appliquent ce qu'ils jugent approprié dans toutes les affaires liées au mariage, s'écartant des limites tracées par la doctrine.
De même, l'usage s'est répandu de nos jours de procéder à un contrat de mariage légal entre les fiancés longtemps avant la date prévue pour la noce. Cela contredit les coutumes et les usages suivis, car la fiancée n'est légalement autorisée à l'homme qu'après la conclusion du contrat religieux remplissant les conditions légales, menant ainsi à l'emménagement dans le domicile conjugal.
Comment concilier aujourd'hui la préservation des principes, des vertus et des coutumes unitariennes avec l'évolution de la civilisation et ses problèmes ?
Je dis à mes fils unitariens ce qui est rapporté dans le Hadith noble : « L'homme est le berger de sa famille et est responsable d'elle, et la femme est la gardienne de la maison de son époux et de ses enfants, et elle est responsable d'eux... Ainsi, chacun de vous est un berger et chacun de vous est responsable de son troupeau. »






