Un compositeur et créateur fauché par la mort alors qu'il était en pleine période de floraison artistique. Le compositeur Wajdi Chaya, originaire de la ville de Sawfar dans le Mont-Liban, portait l'art dans son cœur et l'a fait voler haut.
Il a quitté Sawfar pour Beyrouth à l'âge de 18 ans, et a présenté en 1981 des chansons dont il a écrit les paroles et composé la musique, interprétées par Adnan Fakhreddine, telles que “Haditek Wardi wa Ghaniya” et ”Minni Inta Minni”. À propos de cette période, il a déclaré dans une interview : “J'étais décrit comme un compositeur prolifique. Ce succès m'a conduit vers l'artiste Ziad Rahbani qui a loué mon talent et a commencé à m'inviter dans son studio pour enregistrer mes œuvres sans factures. Ziad ne s'est pas contenté de m'ouvrir les portes de son studio, il m'a donné les clés de sa maison. Je n'oublie pas que j'y ai dormi plusieurs fois, malgré sa petite taille”.
Wajdi Chaya a laissé derrière lui des œuvres musicales dont le Liban est fier, notamment la pièce “Chams wa Qamar” (Soleil et Lune) avec Assi El Hallani et Nadine Al Rassi, qui a été jouée au théâtre du Casino du Liban. La pièce raconte la légende du roi « Saïdon », dont la ville côtière de Saïda tire son nom, et met en avant les valeurs nationales et le sens de la liberté, en plus d'un amour éternel.

L'art est plus noble que l'argent
Tout au long de sa carrière, Chaya a rejeté l'idée du commerce artistique, considérant que l'art est plus noble et plus élevé que l'argent. Il déplorait l'existence d'artistes percevant des millions de dollars pour un seul concert et tenait les responsables du pays pour responsables de l'ignorance artistique du peuple. Il a déclaré un jour : “Je pleure sur une patrie qui comprend des responsables tels que ceux qui y sont, et un peuple qui a perdu sa culture et s'est égaré dans les méandres de l'art mercantile”. Il souhaitait faire revivre le théâtre musical au Liban et en corriger la trajectoire. Il a toujours considéré que le véritable printemps à venir n'est pas un printemps arabe révolutionnaire, mais un printemps théâtral, artistique, spectaculaire et musical différent. Il croyait en une vision moderne pour son théâtre, non liée à un temps ou à un lieu. Il a toujours dit que sa mission dans chaque comédie musicale était que chaque être humain se voie tel qu'il est après le spectacle et en ressorte avec un état d'esprit humain particulier.
Principales œuvres
Parmi ses œuvres les plus marquantes : l'hymne “Idha al-cha'bu yawman arada al-hayat” (Si un jour le peuple veut vivre) chanté par Latifa Al-Tunisia, ainsi que des chansons patriotiques interprétées par Pascale Sakr, et d'autres romantiques chantées par Wael Kfoury, Souad Mohamed et Nihad Fattouh. Il a également présenté le spectacle “Layali Al-Chark” qui incluait des extraits poétiques d'écrivains libanais, dont Said Akl et George Jordac. Parmi ses autres œuvres, la pièce “Ana Charqiya” jouée en Jordanie, et la pièce “Ornina” qui a remporté le premier prix au festival de Babylone. Il est à noter qu'il a composé la bande originale et le générique de la série “Gibran Khalil Gibran” de l'écrivain Alexandre Najjar en 2008.
Son souhait était de devenir un jour ministre de l'Information. Il était membre de la Ligue arabe pour le festival de la chanson.
Après un combat contre la maladie, le compositeur Wajdi Chaya est décédé à l'âge de 52 ans, suite à un malaise de santé qui l'avait conduit à l'hôpital.

Premier rang en composition
Il est à noter que Chaya était classé au premier rang des compositeurs à la radio libanaise, en plus d'être :
– Membre du conseil exécutif de la Société des auteurs et compositeurs au Liban (SACEM Liban)
– Membre du syndicat des artistes professionnels
– Membre du conseil exécutif de l'association libanaise “Ihyaa” pour l'environnement, l'art et le patrimoine
– Membre du jury lors de plusieurs sessions du festival de la chanson arabe relevant de la Ligue des États arabes.
Prix et certificats d'appréciation obtenus par Chaya :
– Bouclier de l'armée libanaise pour ses œuvres patriotiques.
– Premier prix au festival de la chanson arabe en 1997 au Caire.
– Certificat d'appréciation du Secrétariat général du Conseil de coopération du Golfe.
– Bouclier d'appréciation des festivals de Aley.
– Premier prix dans la catégorie théâtre musical au festival international de Babylone en 1999 pour l'œuvre théâtrale musicale Ornina.
– Bouclier et prix de l'ambassade du Liban en Jordanie pour l'œuvre théâtrale musicale Ana Charqiya en 2000.
– Bouclier honorifique de l'Association nationale pour l'enfant et la mère pour avoir composé l'hymne de l'enfant libanais en 2006.
– Bouclier honorifique de l'association environnementale A.F.D.C pour avoir présenté une œuvre artistique appelant à la préservation de l'environnement en 2005.






