Le village de Thakeir a été peuplé suite à des vagues de migrations en provenance du Liban. Ses premiers habitants appartenaient à la famille Al-Kafiri, du nom du village libanais d'Al-Kafir d'où ils étaient originaires. Le chef du village était Mansour Al-Kafiri, qui possédait la majeure partie des terres et employait de nombreux métayers, ainsi qu'un berger bédouin chargé de s'occuper de son bétail : moutons, chèvres, chameaux et vaches. Ce bétail était rassemblé dans un enclos entouré de pierres, où un coin spécifique posait problème : chaque fois qu'un animal y était attaché ou y était placé, il tombait malade ou mourait.
Ce phénomène suscitait l'étonnement et l'interrogation, mais il ne dura pas longtemps. Une « vision » apparut au berger en rêve, lui révélant que sous cet endroit reposait un « saint » nommé le prophète « Chiet ». Dès l'aube, le berger se rendit en toute hâte chez le cheikh Mansour pour lui raconter son rêve. Ce dernier réunit alors quelques hommes et se rendit sur les lieux, muni d'une lance. À son arrivée, il enfonça la lance dans le sol avec force, celle-ci s'enfonçant presque entièrement. Il ordonna alors aux hommes de creuser. Par chance, ils commencèrent à creuser juste au-dessus d'une porte. Après avoir dégagé la terre, ils découvrirent une porte en pierre et des marches en pierre, mais la porte était verrouillée de l'intérieur et ils ne purent l'ouvrir à la main. Le cheikh Mansour leur ordonna de bien nettoyer la terre devant la porte et leur demanda d'apporter un tronc de térébinthe. Cinq hommes utilisèrent ensuite le tronc pour frapper la porte à plusieurs reprises jusqu'à ce que la serrure cède, emportant avec elle un petit morceau de la porte adjacent à la serrure, comme le montre l'image, permettant ainsi l'ouverture.

Une fois à l'intérieur, ils ne trouvèrent pas le moindre grain de poussière. Ils ne virent que le squelette d'une personne à côté d'une table également faite de pierre. Ils décidèrent alors d'enterrer les ossements et érigèrent une chambre au-dessus. Les gens commencèrent à venir visiter le lieu régulièrement, mais sa renommée se limitait aux habitants de la région et des villages voisins.
Cependant, un incident survint : il y avait une fillette paralysée à Achrafieh Sahnaya, près de Damas, âgée d'environ six ou sept ans. Ses parents n'avaient jamais entendu parler du sanctuaire du prophète Chiet, ni même du nom du village de Thakeir. Une nuit, un cheikh vêtu de blanc, avec une longue barbe blanche, lui apparut en rêve et lui dit : « Je suis le saint de Dieu, Chiet, et ma tombe se trouve dans un village appelé Thakeir ».
Lorsque la fillette se réveilla le matin, elle raconta ce qu'elle avait entendu à ses parents. Au début, ils ne l'ont pas crue, pensant qu'il s'agissait simplement d'un rêve. Mais devant l'insistance de la petite, ils ont pris leur voiture et se sont dirigés vers As-Suwayda. En entrant dans la région, ils ont demandé où se trouvait le village de Thakeir et ont été guidés jusqu'à lui. Arrivés sur place, ils ont interrogé la première personne qu'ils ont rencontrée : « Y a-t-il un sanctuaire du prophète Chiet dans votre village ? ». La réponse étant affirmative, ils se sont dirigés directement vers le sanctuaire, et c'est là que l'image correspondait exactement à ce que la fillette avait vu en rêve.

Saisis d'étonnement face à ce qu'ils avaient entendu et vu, ils passèrent la nuit sur place : la fillette dormit dans la chambre en bas, et ses parents en haut. Le matin, en se réveillant, ils voulurent vérifier l'état de leur fille et la trouvèrent debout, marchant sur ses deux jambes. Cet événement provoqua un immense émoi dans toute la région et le gouvernorat après la propagation de la nouvelle.
Par la suite, les habitants d'Achrafieh ont fait un don pour construire une salle de 300 mètres carrés à côté de la chambre. La pièce située au-dessus de la chambre a été démolie et remplacée par un grand dôme en cuivre surmonté d'une étoile à cinq branches. Les aides et les dons ont commencé à affluer, ce qui a permis un développement urbain significatif : le terrain adjacent au sanctuaire a été acheté, des chambres, des salles de bain et des cuisines ont été construites, un mur d'enceinte a été érigé, et le sol autour du sanctuaire a été pavé de pierres basaltiques. Actuellement, une grande salle de 500 mètres carrés avec ses commodités est en cours de construction, et les services d'As-Suwayda ont fait don du goudronnage de toutes les routes autour du terrain du sanctuaire. Un comité composé de cinq personnes issues du village a été formé ; il est chargé d'enregistrer les entrées et sorties de fonds, de suivre l'exécution des travaux et de superviser l'aide aux pauvres et aux nécessiteux. Le regretté Cheikh Ahmad Al-Hijri supervisait directement le site, se rendant sur place chaque semaine pour s'assurer du bon déroulement des travaux, et avait délégué un représentant pour rester en permanence dans le village afin d'assurer également cette supervision.







