Dans un lieu bien en vue au rez-de-chaussée du siège de l'UNESCO à Paris, trône une tapisserie intitulée « Symboles de Cadmus » du peintre libanais Aref El Rayess (1928-2005). Offerte par le Liban à l'organisation internationale en 1958, cette œuvre est réalisée en laine synthétique tissée dans la célèbre ville française d'Aubusson. La tapisserie a été restaurée en 2009 avec le soutien du gouvernement libanais.

Détails plastiques
Lors d'un entretien du site internet Ici Beyrouthavec l'attaché culturel auprès de l'UNESCO, Bahjat Rizk, des détails plastiques sur la tapisserie ont été expliqués. En bas, on découvre l'alphabet phénicien composé de 22 consonnes, auquel les Grecs ont ajouté ultérieurement des voyelles. C'est le premier alphabet phonétique, car avant lui, les alphabets étaient pictographiques, comme en Égypte ou en Mésopotamie (sumérien, akkadien, etc.).
Au centre des lettres de l'alphabet phénicien, dans la partie inférieure, se trouve un navire de guerre phénicien construit en bois de cèdre, qui couvrait autrefois l'ensemble des montagnes libanaises. Ailleurs sur la tapisserie, on aperçoit le murex (« pourpre » en grec), découvert par les Phéniciens, que l'on appelait à l'époque Sidoniens ou Bybliens, en référence à leurs cités royales.

L'héritage des Phéniciens
Au centre de la tapisserie : le cheval ailé, accompagné d'un instrument astronomique phénicien spécifique qui constituait alors une révolution dans le monde des communications. Au-dessus de l'instrument, l'image du soleil, lié au nom de Cadmus. Son nom « Kadm » signifie l'Orient ou le lever du soleil. À ses côtés, l'image de sa sœur Europe, qui a donné son nom au continent européen. Europe en phénicien se dit « Urb » (couchant du soleil), d'où le lien entre Europe et « ghouroub » (coucher du soleil en arabe), signifiant que cet alphabet provient du pays où le soleil se lève. En haut de la tapisserie, on voit des dessins de cèdres de tailles variées.
Cette tapisserie, créée par Aref El Rayess, résume l'héritage diffusé par les Phéniciens, que Hérodote qualifiait de « symboles cadmiens », reconnaissant que les Phéniciens avaient répandu cet alphabet en tant que médiateurs de civilisation et de commerce. Ils ont parcouru la Méditerranée depuis la géographie libanaise, faisant de l'histoire d'un côté et de la géographie de l'autre deux facteurs majeurs dans la propagation de la civilisation phénicienne.







