Sa Béatitude le Cheikh Akl de la communauté druze, le Cheikh Docteur Sami Abi Al-Muna, a dirigé la prière au matin de l'Aïd al-Fitr au sanctuaire de l'Émir Sayyid Abdullah Al-Tanoukhi à Abey, avec la participation de cheikhs, de personnalités, de présidents de comités, de membres du Conseil religieux et de responsables des directions de la Cheikhat al-Akl, du Conseil et de ses conseillers.
Le Cheikh Akl
Après la prière, Sa Béatitude le Cheikh Abi Al-Muna a prononcé le sermon de l'Aïd en présence du vénérable cheikh Abou Mahmoud Saeed Faraj, des cheikhs et des fidèles, dans lequel il a déclaré : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Louange à Dieu, Seigneur des mondes, et que la prière et la paix soient sur le Maître des envoyés, sur sa famille et ses compagnons vertueux, et sur tous les prophètes purs de Dieu. »
« Mes frères unitariens, ô musulmans accomplissant la prière de l'Aïd et de l'Unicité (Tawhid), vous qui rompez le jeûne après un long temps de jeûne et de discipline, et qui atteignez le bonheur par la joie d'accomplir le devoir, le bon comportement, le jihad des jours et des nuits, les œuvres de bienfaisance, l'aumône, la purification de soi et la multiplication des prières. Dieu le Très-Haut a dit dans son Livre explicite : "Quiconque d'entre vous verra ce mois, qu'il le jeûne". Un verset révélé qui avertit les croyants de la nécessité de jeûner le mois béni de Ramadan, tout comme d'autres versets indiquent que "les hommes et les femmes qui jeûnent", tout comme "les hommes et les femmes qui invoquent souvent Dieu", "Dieu leur a préparé un pardon et une récompense immense". C'est de là que découle le jeûne, étant une porte vers le pardon et la récompense. Il a été imposé aux musulmans comme un moyen d'atteindre la piété envers Dieu, par Sa miséricorde. Il n'a pas été imposé aux musulmans seuls, mais il a été prescrit comme il l'avait été pour ceux qui, avant eux, s'étaient soumis et avaient cru, selon Ses paroles : "Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux d'avant vous, afin que vous soyez pieux". Cette obligation comporte une importance religieuse et terrestre, car elle est un ordre de Dieu. L'homme qui se conforme aux ordres de Dieu peut triompher de ses désirs, les maîtriser et prendre les rênes de son âme, l'orientant vers la direction correcte et vertueuse. Il réalise ainsi qu'il est le serviteur de son Seigneur et non celui de ses convoitises et de ses passions. C'est là le bénéfice le plus important du jeûne, en plus de ses bienfaits sur la santé et la psychologie, car il aide à renforcer la volonté et la détermination, à éduquer à la patience, à réfréner les caprices, à compatir avec les pauvres et les nécessiteux, à instaurer l'égalité entre les musulmans et à respecter tous les êtres humains. »
« Si l'un de nous croit que le jeûne, dans son sens et sa signification, n'est que l'abstinence de manger, de boire et de désir, pendant des moments connus et définis, c'est-à-dire en s'abstenant de ce qui rompt le jeûne depuis l'aube véritable jusqu'au coucher du soleil clair, selon Ses paroles : "mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l'aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu'à la nuit", si quelqu'un croit que c'est là le sens du jeûne, nous lui disons que c'est le minimum requis du musulman croyant et unitarien, en conformité avec Son ordre, et c'est le premier rang connu sous le nom de jeûne du commun. Quant au jeûne particulier, c'est celui d'empêcher le regard, la langue, la main, le pied, l'ouïe et tous les organes de commettre des péchés. C'est un degré plus élevé, mais inférieur au jeûne du très particulier, qui est le jeûne du cœur contre les préoccupations viles et les pensées qui éloignent de Lui, et son abstinence totale de tout ce qui est autre que Dieu le Très-Haut, comme le dit l'Imam Al-Ghazali. C'est même un jeûne de toute mauvaise intention, de toute croyance corrompue, de toute parole vaine et de tout acte blâmable. N'aurions-nous pas dû respecter d'abord l'obligation, comme porte d'entrée vers ce qui est plus sublime ? N'aurions-nous pas dû progresser dans le jeûne de rang en rang, pour nous élever par lui et atteindre son but, comme nous progressons dans l'aumône, la prière et toutes les obligations rituelles ? N'aurions-nous pas dû réaliser la finalité humaine de notre existence pour laquelle nous n'avons été créés que dans ce but ? Dieu nous a créés, nous a fait mourir et nous a fait revivre, pour nous éprouver, pour savoir lequel de nous est le meilleur en action, en performance et en effort pour réaliser son humanité, qui est le but ultime, selon Sa parole : "Celui qui a créé la mort et la vie afin d'éprouver qui de vous est le meilleur en action, et Il est le Tout-Puissant, le Pardonneur". Dieu a créé l'homme pour Son adoration et pour le peuplement de Sa terre, avec ce que cette mission exige de bonne connaissance des savoirs et des sciences. Dieu Tout-Puissant a dit : "C'est Lui qui vous a créés de la terre et qui vous l'a fait peupler. Demandez donc Son pardon, puis repentez-vous à Lui. Mon Seigneur est bien proche et Il répond toujours aux appels". Et Il a dit, Gloire à Lui : "Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. Je ne cherche pas d'eux une subsistance, et Je ne veux pas qu'ils Me nourrissent. En vérité, c'est Dieu qui est le Grand Pourvoyeur, le Détenteur de la force inébranlable". Dieu a dit vrai. » 

« Mes frères, ô chers, pour que notre fête soit joie et bonheur, il nous faut méditer sur le sens de l'adoration, et avoir la certitude que l'adoration est un acte de repentance, un effort et une lutte permanente qui ne s'arrête pas à l'accomplissement d'une obligation ou à la célébration d'une occasion. Dieu a dit à Son Prophète élu : "Adore ton Seigneur jusqu'à ce que te vienne la certitude". La certitude, que ce soit la mort ou la réalisation de la finalité, comporte dans les deux sens une invitation à la continuité et à l'accroissement, et à ne pas s'arrêter à une limite ou un obstacle. La mort est inévitablement proche, et atteindre la finalité est un objectif suprême qu'il ne faut pas négliger. Il faut voyager constamment dans les degrés de l'adoration, de la connaissance et des enseignements pour rattraper le décret divin en saisissant ce qui n'a pas été saisi et en réalisant ce qui est espéré, chacun selon ses capacités, selon Sa parole : "Dieu n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée de ce qu'elle a fait de bien, et punie de ce qu'elle a fait de mal. Seigneur, ne nous châtie pas s'il nous arrive d'oublier ou de commettre une erreur...". Et chacun selon le rang que Dieu lui destine, toujours selon la règle de foi qui dit : "Ô mon serviteur, à toi l'effort et à Moi l'aide... à toi la demande et à Moi la réponse". »
« Il est rapporté dans le Hadith Qudsi, selon la parole de Dieu le Très-Haut : "Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par des actes surérogatoires jusqu'à ce que Je l'aime. Et quand Je l'aime, Je deviens son ouïe avec laquelle il entend, sa vue avec laquelle il voit, sa main avec laquelle il saisit, et son pied avec lequel il marche. S'il Me demande quelque chose, Je la lui donnerai". C'est là notre espoir, et c'est là notre prière au matin de ce jour béni, en disant : Seigneur, fais de cette fête une rupture (Fitr) de ce que nous aimons, comme Tu nous as facilité pendant le Ramadan le jeûne de ce que nous aimons. Bénis notre nourriture comme Tu as béni notre jeûne, et pardonne-nous si nous nous réjouissons de la fin du mois béni de jeûne et de l'accomplissement de ses obligations, comme Tu nous pardonnes toujours si nous manquons à l'accomplissement du devoir et reconnaissons nos lacunes. Fais que notre rupture soit propice comme Tu as rendu notre jeûne acceptable, et guide nos pas, Ô Dieu, et dirige-nous vers le droit chemin. Tu es le Doux, le Généreux, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux. »
« Ô frères unitariens, ô musulmans, ô Libanais, cette année, le temps du jeûne chrétien et de la glorieuse Pâque rencontre le temps du jeûne musulman et de l'Aïd al-Fitr. Dans cette rencontre, il y a harmonie, équilibre, rapprochement et fusion. La douleur et la patience, tout comme la joie et le bonheur, sont des sentiments humains unifiés qui unissent les croyants, musulmans et chrétiens, et les rassemblent dans une marche spirituelle dont les chemins diffèrent, mais qui mènent à un seul objectif et à une finalité spirituelle sublime, bien au-delà des règles du jeûne et des apparences de la fête. Peut-être que cette rencontre cette année est-elle un message qui nous exhorte, nous Libanais, malgré la diversité de nos vêtements et de nos voies, à revenir aux racines, à nous attacher à l'esprit du pacte national et au respect du spectacle de la diversité dans l'unité qui caractérise cette patrie, et à assumer la responsabilité du devoir de sauver le pays de l'effondrement, de reconstruire les institutions et de relever l'État. L'attente a trop duré et la patience des Libanais touche à sa fin. Mais nous appelons toujours à la sagesse, au réalisme et à l'esprit de responsabilité. Nous voyons que la réalité libanaise est tiraillée par des tiraillements ici et là, où s'exacerbent les idéologies et les théories, entre un pays pacifique et résistant, entre une relation avec l'Orient et l'Occident, entre l'arabisme et l'universalisme, entre une identité islamique et chrétienne orientale, entre confession et confession, entre tutelle et tutelle, entre allégeance et allégeance. Comme si cette petite patrie par sa superficie mais grande par sa position était réfractaire à la stabilité, destinée à être le centre des regards de proches et de lointains, objet d'attraction de frères et d'étrangers, et sujet d'intérêt de l'ami cher et de l'ennemi méfiant. »
« Cette réalité de la diversité dans laquelle nous vivons peut être un privilège et une bénédiction, ou un problème et une malédiction. Cette question dépend de la capacité des Libanais eux-mêmes à la gérer avec sagesse et positivité, et de leur coopération pour investir dans les relations de toutes les composantes libanaises afin de bâtir l'État et protéger la patrie, et non de laisser ces relations et ces atouts être exploités pour que l'un domine l'autre, ou pour produire des rêves factionnels, séparatistes ou conflictuels. Car ainsi, nous aurions condamné le Liban à l'échec, le pacte de diversité à l'effondrement et à la désintégration, et nos enfants à la dispersion et à l'égarement. Autant nous appelons à faire bloc face à l'agression israélienne, aux semeurs de discorde et aux promoteurs de corruption sous toutes ses formes, autant nous appelons à la retenue et au traitement des problèmes et des questions émergentes avec calme et esprit national. Le pays est au bord du danger et de l'effondrement avec ses crises économiques, sociales, les menaces d'agression et l'accumulation des crises de déplacement, de refuge et d'émigration. Autant nous savons que le pays ne supporte pas les aventures des guerres destructrices, autant nous réalisons aussi qu'il ne supporte aucun conflit interne ou faille sécuritaire, ce qui exige conscience et vigilance pour éteindre toute étincelle de défi, faire taire toute note de menace, ne pas permettre aux mains du mal étrangères de jouer avec la sécurité du pays, et veiller à la nécessité de traiter les problèmes en suspens avec compréhension, unité de position et de décision. Célébrons donc ensemble nos fêtes, unissons-nous pour le salut de notre pays, formons une nation qui appelle au bien, ordonne le convenable et interdit le blâmable. Respectons notre Constitution et répondons à l'appel du devoir sans hésitation. Privilégions la logique du dialogue sur celle du blocage et de l'attente. Prions la prière de l'espoir et de l'espérance, chassons le désespoir de nos âmes, la haine de nos cœurs, et les pensées de haine de nos esprits. Élevons-nous par la fête, qu'elle soit rupture ou Pâque, là où se réalise l'Unicité, se manifeste l'unité et s'atteint le bonheur. »
« Quant à nous, au niveau de notre communauté unitarienne, nous sommes les plus soucieux de son rôle, de son message, de son avenir religieux, social et national, et de la fortification de la société par la cohésion, l'unité de la parole, le respect des limites et l'abandon de l'arrogance. Cela se fait selon la vision de réforme que nous avons, l'ouverture, et parce que nous sommes les premiers à écouter les idées constructives, à assumer la responsabilité et à traiter avec tous de manière positive, par la pensée et l'action, à la lumière de ce que nous dicte notre foi, notre conscience et notre position, en regardant toujours vers l'avant, et en appelant à ce qui est le plus sublime et le plus noble. Dieu est témoin de ce que nous avons l'intention de faire et de ce que nous disons, Il est le meilleur témoin et le meilleur guide louable. Bonne année à vous tous, que la paix de Dieu soit sur vous, ainsi que Sa miséricorde et Ses bénédictions. »
Al-Biniyeh
Par la suite, Sa Béatitude le Cheikh Akl et plusieurs cheikhs et participants ont rendu visite au juge Cheikh Naeem Hassan dans sa demeure à Al-Biniyeh pour lui présenter les vœux de l'Aïd al-Fitr.






