La commission culturelle du Conseil confessionnel, sous la direction du Cheikh Aql de la communauté druze, le Dr Sami Abi Al-Muna, a rendu hommage au chercheur et historien, le Dr Riad Hussein Ghannam, lors d'un colloque organisé dans la salle publique de « Dmit », en présence du représentant du Cheikh Aql et président de la commission culturelle du Conseil confessionnel, le Cheikh Imad Faraj ; du représentant de l'ancien président du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, et du président du Parti socialiste progressiste, le député Taymour Joumblatt, le Dr Nasser Zeidan ; du représentant du député Marwan Hamadé, Talaat Hamadé ; du directeur général du Parlement, le Dr Adnan Daher ; du commissaire du gouvernement auprès du Conseil pour le développement et la reconstruction, Ziad Nasr ; de l'ancien chef d'état-major, le général Hatem Mallak, ainsi qu'un groupe de cheikhs, de personnalités spirituelles, militaires, administratives et éducatives, et une large assemblée de maires, de notables et d'habitants de la ville et de la région.

 

Zahr Al-Din

Après une introduction par la membre de la commission culturelle du Conseil, le Dr Ferial Zahr Al-Din, et deux allocutions du maire de Dmit, Bassam Tarbieh, et du président de l'association de la famille Ghannam, Faisal Ghannam, saluant l'invité d'honneur et sa production intellectuelle, le Dr Saleh Zahr Al-Din a prononcé un discours déclarant : « Quelle merveilleuse et distinguée occasion. Un Conseil confessionnel druze rend hommage au fils d'un Conseil parlementaire libanais, qui a réuni dans sa main et sa personne deux conseils et deux pouvoirs à Beyrouth, et ici, dans la ville de Dmit dans le Chouf, il a réuni trois conseils et trois pouvoirs. Il est rare que ces conseils se réunissent dans une seule personnalité comme ils l'ont fait dans la personne de l'historien, le Dr Riad Ghannam ».

 

 

Il a ajouté : « C'est un fleuve à la fois calme et torrentiel, c'est une équipe de travail complète en une seule personne. Les institutions sont incapables d'accomplir ce qu'il a accompli... C'est un singulier au pluriel. Son destin était de naître druze, de s'éduquer selon la culture chrétienne et de tolérer selon l'islam, devenant ainsi un historien et penseur humaniste créatif. Il a cru que l'histoire était un message, plus humble que celui des prophètes et des messagers, mais plus grand que celui des humains ordinaires. C'est pourquoi il a enfourché le cheval de l'histoire et de la science pour regarder d'en haut, avec "l'œil de l'aigle", devenant ainsi l'un de ses chevaliers ».

 

 

Al-Zein

De son côté, l'écrivain et chercheur en linguistique Tarek Al-Zein a déclaré : « En présence du Dr Riad Ghannam, vous écoutez de tous vos sens ses paroles pesées sur le fil de l'élégance et de la splendeur. Elles reflètent son ascétisme face aux matérialités de la vie et vous tirez de chaque expression qu'il apporte le chemin que vous cherchiez et ne trouviez pas. Vous voyez en elles cette humilité raffinée qui perçoit l'humain dans son essence et son esprit, dans sa réalité contenue et non apparente. Il vous montre les valeurs incarnées devant vous dans chaque comportement, mouvement et lettre ».

 

 

Il a ajouté : « Dans ses ouvrages, le Dr Ghannam a transcendé sa propre personne, la région, la communauté et la société. Il a été objectif et impartial dans tout ce qu'il a écrit, restant fidèle à l'intégrité scientifique, à la recherche et à l'étude. Il ne rapporte aucune nouvelle, information ou incident sans qu'ils soient documentés et accompagnés de leur source ou référence, après les avoir soumis au crible de la raison pour s'assurer de leur conformité avec la logique saine et le regard critique. Ils apparaissent donc à leur juste place au service du sujet traité, sans ajout ni omission, sans émotion ni exagération. Il ne voit aucun inconvénient à mentionner les avis d'autres historiens sur le même sujet avec ouverture d'esprit, les traitant et les critiquant de manière constructive dans le but d'atteindre la vérité et l'utilité. Il s'appuie sur tout ce qui est fiable et référentiel pour que ses livres deviennent une valeur historique, intellectuelle, sociale, économique et politique, constituant une source considérée pour les chercheurs et les étudiants, et une nourriture pour l'esprit et l'âme de quiconque cherche la connaissance ».

Daou

L'écrivain, journaliste et chercheur en linguistique Bassam Daou a déclaré : « Il est impossible de résumer la production du Dr Riad en quelques minutes. Par respect pour l'intégrité scientifique, j'aborderai sa méthodologie plutôt que ses livres. Il a choisi de rechercher la période des trois derniers siècles dans l'histoire proche. Peut-être que dans sa conscience scientifique et son inconscient, il voulait nous dire : tirez-en la leçon. Ce qui se passe actuellement dans notre pays trouve ses racines dans le passé prévisible. Nous ne devons pas transmettre à nos enfants ce dont nous avons hérité, mais lire la mémoire de manière prospective, afin que l'histoire ne se répète pas, car la première fois, elle est tragédie, et la seconde, farce. Il note que la méthodologie du Dr Riad Ghannam est caractérisée par une rigueur extrême dans la vérification des faits historiques. Il n'a jamais ignoré le lien dialectique entre l'événement et ses contextes socio-politiques. Il ne présente aucun fait sans preuve rationnelle et documentaire ; sa subjectivité ne l'emporte jamais sur son analyse, car l'objectivité est son credo ».

 

Hommage au chercheur et historien Riad Ghannam

 

Faraj

Ensuite, le président de la commission culturelle du Conseil confessionnel, le Cheikh Imad Faraj, a prononcé un discours : « Lorsque j'ai assumé mes fonctions au sein de la commission culturelle, j'ai discuté avec Sa Béatitude le Cheikh Dr Sami Abi Al-Muna des affaires et des préoccupations de la mission, et Sa Béatitude a évoqué les activités qu'il menait ».

Il a ajouté : « Rendre hommage au Dr Riad Ghannam est une priorité, mais la crise sanitaire qui a frappé le pays a empêché de le faire. Je lui ai dit : Si Dieu le veut, nous réaliserons votre souhait. Et nous voici aujourd'hui à cet hommage, car l'hommagé est une sommité, par sa pensée, ses valeurs, sa précision et son professionnalisme dans l'histoire, l'administration, la recherche et la documentation. J'entendais parler du Dr Riad pour sa notoriété sociale, mais quand je l'ai connu, je l'ai trouvé bien plus grand que tout ce que j'avais entendu. C'est l'homme humble, l'historien précis et le chercheur dans les profondeurs de l'histoire, mettant en lumière des aspects obscurs du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. Il a abordé les événements et les personnalités depuis 1830, faisant preuve de créativité, d'habileté et d'esprit critique dans tout ce qu'il a écrit. Il est un fleuve débordant de savoir et de culture ».

Il a ajouté : « Vous êtes entré au Parlement et avez progressé rapidement, gagnant la confiance de Monsieur le Président, qui vous a soutenu et honoré. Vous avez été l'ambassadeur fidèle de cette montagne, ne renonçant jamais et ne cherchant pas le repos après l'âge de la retraite. Vous avez donné une image brillante du fonctionnaire loyal et intègre à une époque où règne la corruption. Nous, en tant que commission culturelle, sommes fiers de vous, de votre histoire et de vos réalisations. Vous êtes, cher Docteur, un exemple à suivre pour tout étudiant, chercheur et historien. Félicitations à la région du Chouf pour votre fils vertueux, d'une trajectoire honorable de Niha à Dmit ».

Il a poursuivi : « En tant que commission culturelle, sous la direction de Sa Béatitude le Cheikh Aql, nous aspirons à honorer ceux qui le méritent parmi nos figures culturelles et nationales, et à encourager les chercheurs. Nous soutenons les artistes pour mettre en valeur leurs talents et aidons à diffuser la culture dans nos régions, en coopérant avec les différentes autorités spirituelles et les ministères de l'Éducation et de la Culture ».

Il a conclu : « Enfin, je remercie le maire et les membres du conseil municipal de Dmit, la famille Ghannam, les habitants de Dmit et tous ceux qui ont répondu à notre invitation ».

 

 

Ghannam

En conclusion, l'invité d'honneur, le Dr Ghannam, a pris la parole : « Si j'ai manqué de dire que je me trouve dans une cérémonie d'hommage organisée par une constellation de fidèles, il ne m'échappe pas que nous revivons des moments humains et un comportement empli d'amour, en reconnaissance d'un don qui ne possède d'autre mérite que celui de son parfum et de sa diffusion. Ce sont des pierres des carrières de la vie que j'ai polies pendant des années, aboutissant à une trentaine d'ouvrages et des centaines d'articles et d'études ».

Il a ajouté : « Au cours de mon parcours universitaire, après avoir obtenu mes licences en droit et en histoire, j'ai dû choisir entre les deux domaines pour mes études supérieures. J'ai préféré l'histoire, car elle exige sincérité et équilibre, qualités essentielles de l'historien chercheur. Le véritable historien ne ment pas. Comme le dit l'Imam Jaafar Al-Sadiq : "Celui à qui Dieu donne une langue véridique, Il lui donne une intuition pure et une vision juste". L'histoire a été mon champ de bataille, vaste mais parsemé d'embûches et de problématiques. Mon souci a toujours été d'être un chercheur, écrivain et analyste dépouillé de tout penchant personnel, n'étant pas influencé par le sectarisme ou le fanatisme, trempant ma plume dans l'encre de la sincérité et de l'objectivité, avec la fierté de mon appartenance à cette montagne fière, emplie de foi, d'amour et de loyauté ».

Hommage au chercheur et historien Riad Ghannam

Il a poursuivi : « Au cours de ma carrière, j'ai rédigé plusieurs milliers de pages d'ouvrages et d'articles qui sont devenus des références. Je n'ai jamais dévié du chemin de la droiture. Je rends hommage à ceux qui nous ont quittés, ces hommes qui ont laissé des empreintes intellectuelles et culturelles inoubliables, notamment le savant Mohammed Khalil Al-Basha, Abbas Abou Saleh, Hassan Hallak, Najib Al-Beaini et Suleiman Takieddine, sans oublier les géants comme Kamal Joumblatt, Shakib et Adel Arslan, et Aref Al-Nakadi, qui étaient des piliers de la langue arabe et des esprits brillants ».

Il a ajouté : « Ils ont vécu comme des crayons, dont les nuits taillent la mine pour tracer des perles de sagesse ; le crayon et son porteur s'effacent, mais seule reste la beauté de ce qui a été écrit. Je ressens une profonde émotion en voyant la liste des intervenants ; c'est comme si je comparaissais devant deux tribunaux : celui de l'histoire, représenté par le Dr Saleh, et celui des linguistes, représenté par les docteurs Tarek Al-Zein et Bassam Daou. La grâce de l'amitié a été mon seul réconfort ».

Il a conclu : « Je remercie chaleureusement le Conseil confessionnel qui m'honore aujourd'hui, Sa Béatitude le Cheikh Aql, le Dr Sami Abi Al-Muna, gardien de la renaissance religieuse et culturelle de la communauté, la commission culturelle dirigée par le Cheikh Imad Faraj, le conseil municipal de Dmit et son maire, mon ami Bassam Tarbieh, l'association de la famille Ghannam, et tous les amis qui sont intervenus, ainsi que tous ceux qui ont fait le déplacement. Que Dieu me donne la force de remercier tout le monde. Paix sur vous ».

À la fin, le Dr Ghannam a reçu un bouclier honorifique du président de la commission, le Cheikh Imad Faraj, et un autre de l'association de la famille Ghannam.