La vannerie de paille est considérée comme l'un des métiers dans lesquels les femmes de Soueïda ont excellé par le passé, en fabriquant des plats et des récipients de tailles variées remplaçant les plateaux et les assiettes, ainsi que des paniers pour conserver les provisions et les fruits, en plus des coffres à vêtements.
Les longues tiges de paille de la plante de blé constituent la matière première, car la fabrication de la paille passe par plusieurs étapes, commençant par l'obtention des longues tiges de blé, puis en retirant les épis, avant de teindre une partie d'entre elles avec des couleurs de manière artisanale, comme le faisaient les ancêtres. Ensuite, elles choisissent la forme qu'elles souhaitent créer et les motifs qu'elles apposeront sur cette pièce pour obtenir, après un certain temps, une œuvre d'art chargée de beauté et de créativité.
Les femmes cherchaient à mettre en avant leur habileté dans ce métier, s'en enorgueillissaient et rivalisaient pour fabriquer les plus belles et les meilleures pièces en paille. Cette compétence était autrefois l'une des conditions requises pour demander la main d'une jeune fille.
Malgré la multiplication des industries artisanales modernes et le recul important du marché de consommation des objets en paille, les femmes du gouvernorat de Soueïda ont continué à pratiquer ce métier. Son usage s'est ainsi transformé : d'outils nécessaires à la vie quotidienne, ils sont devenus des objets de décoration conservant le patrimoine, des éléments ornant les restaurants, ou des cadeaux acquis par les touristes.






