L'Aïd al-Adha béni arrive avec toute sa portée religieuse et spirituelle, ses traditions régionales et une invitation à la joie malgré toute la noirceur.
L'Aïd al-Adha se distingue par son caractère rassembleur, célébré par toutes les branches de l'islam, et revêt une place particulière auprès de la communauté des Mouwahidoune (druzes).
Le cheikh Kamel Al-Aridi a expliqué sur le site de la mtv les significations de l'Aïd al-Adha, estimant que “linguistiquement, le mot Aïd dérive de 'âda ya'ûdu (revenir), c'est-à-dire ce qui revient périodiquement et rassemble les gens, apportant joie et allégresse dans les cœurs. On dit aussi que cela provient de l'abondance des bienfaits accordés par Dieu Tout-Puissant à Ses serviteurs en ce jour. Parmi les fêtes des musulmans unitaires figure l'Aïd al-Adha béni, une fête partagée entre les confessions musulmanes et reconnue d'un commun accord, tout comme le joyeux Aïd al-Fitr”.
Évoquant les rituels de cette fête, il déclare : “De nombreux unitaires célèbrent les dix premiers jours de l'Aïd en multipliant les prières, le jeûne surérogatoire, les invocations et les supplications, conformément aux paroles de notre noble Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui et sur sa famille) : ‘Il n'y a pas de jours au cours desquels les œuvres pieuses sont plus aimées d'Allah que ces dix jours (de Dhou al-Hijja) ; le jeûne de chaque jour y équivaut au jeûne d'une année, et la veillée de chaque nuit y équivaut à la veillée de la Nuit du Destin’. De même, la nuit de l'Aïd est rythmée par la prière, les louanges, les invocations et la récitation des versets et sourates du Livre saint jusqu'au matin, selon la parole du Prophète : ‘Quiconque passe en prière les deux nuits des fêtes dans l'espoir de la récompense d'Allah, son cœur ne mourra pas le jour où mourront les cœurs’ (un hadith considéré comme faible par certains, tout en soulignant qu'il reste méritoire de veiller en prière lors des deux fêtes)”.
Al-Aridi a ajouté : “Aux actes d'adoration obligatoires et recommandés s'ajoutent les œuvres de bienfaisance envers les orphelins, les pauvres et les nécessiteux, ainsi que le maintien des liens de parenté par le biais de visites à la famille, aux proches et aux êtres chers. Ces jours et nuits bénis constituent ainsi pour les Mouwahidoune une occasion d'introspection et d'incitation à l'adoration et aux bonnes œuvres, un espace de calme et de sérénité en présence de Dieu Tout-Puissant, un moyen de réconciliation entre les personnes en conflit et de pardon en Dieu, ainsi qu'une noble opportunité pour un temps de recueillement et de foi entre l'homme et son Créateur qui peut (et doit) se prolonger bien au-delà”.
Sur le plan social, Al-Aridi souligne : “La joie de l'Aïd se reflète chez les enfants à travers leurs vêtements neufs et les jeux avec des pétards, tandis que les adultes se parfument, se rendent visite et se réunissent pour échanger leurs vœux. Dans certains villages, comme à Bayssour dans le caza d'Aley, les habitants de la localité — aînés, jeunes, femmes et enfants — se rassemblent sur la place du village au lever du soleil le premier jour de l'Aïd al-Adha pour échanger félicitations et bénédictions, selon une tradition vieille de plus d'un siècle.
Quant à la table de fête, ou ce que l'on appelle le ‘naql de l'Aïd’, il existe des variétés spéciales de douceurs préparées spécialement pour l'occasion, appelées ‘Ka'kat al-Aïd’ ou ‘Kamaj de l'Aïd’, si bien qu'il est rare de visiter une maison sans y trouver ces friandises”.
Telles sont quelques-unes des particularités de l'Aïd al-Adha. L'essentiel demeure toutefois la paix de l'esprit et la sérénité, et le vœu que notre pays célèbre cette fête dans la stabilité, la sécurité et la paix, au Sud comme à Gaza.






