La vie d'un homme ne se mesure pas aux années vécues, mais à la place qu'il a occupée dans le cœur des autres et à l'héritage qu'il a laissé derrière lui. Radi Azzam n'a jamais vécu pour lui-même ; il a vécu pour devenir une idée, et une idée ne meurt jamais.
L'homme d'affaires Radi Azzam est né en 1945 dans la ville d'Ariqa, dans le gouvernorat de Soueïda, d'où il a entamé un parcours de savoir et de lutte qui a débuté dans les universités de Syrie et d'Égypte, pour se couronner par les plus hauts diplômes en administration des affaires aux États-Unis.
Après une carrière prolifique de quarante ans au Royaume d'Arabie saoudite, où il a fondé de grandes entreprises de fournitures médicales et chirurgicales, Azzam n'a jamais oublié ses racines. Il est revenu, avec son cœur et son esprit, pour mettre son expérience et sa fortune au service des siens, devenant un soutien matériel et moral pour les habitants de son pays et pour tous ceux qui ont frappé à sa porte.
Le défunt a concrétisé sa vision nationale en créant l'« Hôpital spécialisé Al-Radi » dans la ville de Jaramana, pour qu'il soit un phare médical offrant les meilleurs services. Avec le déclenchement de la guerre en Syrie, l'hôpital a ouvert ses portes comme cellule d'urgence :

Il a dispensé des soins et réalisé des opérations chirurgicales gratuites pour plus de 24 000 cas de blessés civils et militaires ainsi que des familles de martyrs.

Le coût des aides médicales fournies a dépassé les 200 millions de livres, sans qu'il ne demande le moindre centime en retour.

L'hôpital a joué un rôle héroïque en accueillant les blessés de nos proches à « Hader », qui ont honoré à leur tour son frère, le Dr Nour al-Din Salman Azzam, le brillant chirurgien que Radi avait envoyé étudier en Europe pour qu'il revienne diriger cet établissement avec tout le mérite et le dévouement nécessaires.

Lorsque nos concitoyens dévoués de Jaramana ont ouvert les écoles aux déplacés de la Ghouta... Radi Azzam, accompagné de bienfaiteurs, a commencé à nourrir, vêtir et fournir des couvertures et des matelas aux habitants de la Ghouta, sans aucune contrepartie ni aide extérieure.
Il dépensait en silence dans sa ville natale d'« Ariqa », offrant des sommes d'argent et des aides en nature, telles que du mazout et des paniers alimentaires, sans que même ses plus proches ne sachent que ce « digne fils du pays » était la source de cette générosité.
Le 9 juin 2021, Radi Azzam nous a quittés physiquement, mais il n'a pas disparu de la mémoire de cette terre. Si le destin ne lui a pas donné de descendance portant son nom, ses mains généreuses ont écrit une histoire de guérison et de dignité pour des milliers de familles. Leurs noms, gravés dans les registres de l'hôpital, et les prières qui s'élèvent à Jaramana et à Ariqa, sont la « véritable descendance » dont le souvenir ne s'éteindra jamais.