Lorsqu'une insulte faite à un homme devient l'étincelle d'une confrontation et que la montagne devient le théâtre d'un affrontement contre une armée régulière, l'une des pages les plus marquantes de l'histoire des Druzes au XIXe siècle s'écrit.

L'épisode remonte à 1837, lorsque le cheikh Yahya al-Hamdan, cheikh des Druzes du Hauran, refusa la demande de recrutement des jeunes de la montagne dans l'armée d'Ibrahim Pacha, soulignant le besoin de la région de garder ses fils pour protéger sa terre et ses habitants. Le différend s'envenima après que le gouverneur de Damas, Cherif Pacha, eut giflé al-Hamdan, transformant l'incident en une étincelle qui embrasa le refus de la conscription et de la remise des armes, suivi d'une réunion à Soueïda et de la décision de prendre les armes.

Avec l'escalade des affrontements, les combattants se réfugièrent dans le relief escarpé du Laja, où ils menèrent des batailles acharnées contre les campagnes égyptiennes, dont la plus notable fut la bataille de Dama en février 1838, au cours de laquelle les forces égyptiennes subirent de lourdes pertes et furent contraintes de battre en retraite.

Ainsi, l'épisode revisite un moment de l'histoire où le Laja n'était pas seulement une terre difficile d'accès, mais un facteur décisif dans le cours de la bataille. L'histoire d'al-Hamdan, du Laja et de Dama demeure le témoin d'une période où le refus de la conscription et des armes s'est traduit par une confrontation militaire dont les répercussions se sont étendues à la montagne et à toute la région.