Depuis les maisons d'hôtes de la dignité et les pierres de l'histoire témoins de fierté et d'héroïsme, se révèle à nous la biographie d'un homme qui a vécu pour son peuple et dont l'empreinte demeure gravée dans les mémoires.
Le vertueux cheikh et moudjahid Abou Khalil Ibrahim Khalil Al-Jarmaqani a grandi dans un foyer d'honneur et de patriotisme, élevé à l'ombre de nobles valeurs transmises de génération en génération par les pères et les aïeux. Il a ainsi été nourri de l'amour de la terre et du sacrifice à travers les récits héroïques qui habitent les ruelles de son village d'« Orman », et a puisé les vertus de chevalerie et de vaillance dans les causeries des maisons d'hôtes empreintes de dignité et de fierté. Comment en serait-il autrement, alors qu'il est le fils de la « Madhafa d'Orman » et de sa porte altière, ce témoin vivant dont les pierres et les portes racontent encore l'épopée de la bataille des « Ruines d'Orman », ce lieu où les habitants de la bourgade ont écrit les plus belles pages de résistance, de sacrifice et de déroute infligée à l'armée ottomane, pour en faire un récit de gloire transmis de génération en génération.
Dans sa personnalité s'est incarnée, dans toutes ses dimensions, l'authenticité d'un fils de la fière montagne ; il aimait tout le monde et ne souhaitait que le bien pour tous, gagnant ainsi leur confiance et leur profond attachement.

Que Dieu lui fasse miséricorde, il était généreux, magnanime, audacieux, dévoué et digne, nourrissant les sentiments les plus nobles envers autrui et se distinguant par la douceur de son tempérament et la pureté de son âme. Il a voué sa vie au bien d'autrui et au secours des nécessiteux, ne repoussant jamais un demandeur ou un solliciteur, même dans les circonstances les plus sombres et les plus rudes. Il a œuvré main dans la main avec les habitants du village et les hommes d'honneur pour résoudre de nombreux litiges et différends, et pour répandre la réconciliation et la paix sur toute l'étendue de la montagne.
C'est ainsi qu'Abou Khalil est parti, laissant derrière lui une mémoire parfumée qui illumine le ciel de la montagne, une empreinte bienveillante que l'absence ne saurait effacer, et une maison d'hôtes qui demeurera à jamais telle qu'elle a toujours été : une porte ouverte sur la dignité, un symbole de grandeur d'âme et la preuve que les grands hommes ne nous quittent que pour demeurer éternels dans la mémoire des générations et le cœur de ceux qui les aiment.





